La manifestation du 18 septembre 2025 est une journée nationale de grève et de mobilisation lancée par l’intersyndicale contre le projet de budget, la désindexation des pensions et les franchises médicales. Le ministère de l’Intérieur a compté 506 000 participants en France, tandis que la CGT en revendique plus d’un million, dont 55 000 à Paris. La journée a entraîné des blocages filtrants dans les lycées, des perturbations dans les transports et 309 interpellations.
Le récit d’une journée nationale très suivie, du matin au soir
L’appel commun a transformé une rentrée sociale classique en test national. Dès le matin, des blocages filtrants devant des établissements scolaires ont donné le ton, avant que les cortèges ne prennent le relais en début d’après-midi.
Trois repères aident à situer la portée du mouvement :
- un appel signé par huit organisations syndicales, du public comme du privé ;
- des défilés organisés dans la majorité des grandes villes, Paris servant de point de convergence médiatique ;
- des effets concrets bien au-delà des cortèges, dans les lycées, les gares et les services publics.
Le contexte n’a rien d’un accident. Le mécontentement s’est construit sur plusieurs mois de débats budgétaires, dans un quotidien où le coût de la vie pèse sur les arbitrages familiaux, comme l’illustre notre rubrique Société à propos des dépenses de plus en plus difficiles à assumer. La Hausse des carburants a par ailleurs nourri, chez les plus jeunes, des appels à la mobilisation diffusés sur les réseaux sociaux.
Pourquoi la manifestation du 18 septembre 2025 a cristallisé les colères
Les motifs de la mobilisation s’articulent autour d’un même fil : le refus de faire porter l’effort budgétaire aux ménages, aux retraités et aux agents publics. La désindexation des pensions, l’instauration de franchises médicales, la suppression de jours fériés et le gel des salaires dans la fonction publique figurent en tête des mesures contestées.
L’argumentaire syndical tient en une idée simple : réclamer un effort supplémentaire aux salariés et aux retraités alors que certaines marges d’entreprise restent confortables pose un problème de justice fiscale. Le vocabulaire de la protection sociale revient dans presque tous les communiqués, en particulier sur la santé et la retraite.
D’autres secteurs ont ajouté leurs propres griefs. Les organisations pénitentiaires dénoncent la surpopulation carcérale et le manque de personnels, la FSU insiste sur la dégradation des conditions d’enseignement, et les pharmaciens mobilisés à Rennes alertent sur l’accès aux soins et la rémunération des officines. Cette solidarité intersectorielle a donné au mouvement une portée plus large qu’une simple querelle budgétaire.
Le parallèle avec d’autres mouvements de la rentrée n’est pas anodin. À l’étranger, la Syrie a connu des rassemblements d’une ampleur inédite après l’explosion des prix du carburant, signe que la question énergétique reste un déclencheur puissant. En France, le Fioul domestique a lui aussi enregistré une hausse spectaculaire de ses prix à la mi-septembre, un sujet qui alimente le sentiment d’injustice face aux dépenses contraintes. La Hausse des prix du carburant avait d’ailleurs déjà fait descendre une soixantaine de personnes un samedi matin, bien avant l’appel intersyndical.
Qui a appelé à la mobilisation et quels acteurs ont pesé sur la journée
Huit organisations ont signé l’appel intersyndical : CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CFTC et CGC. Cette unité sur un même texte, chose rare, a fourni la colonne vertébrale de la journée et brouillé les clivages habituels entre public et privé.
Dans l’Éducation nationale, le SNES-FSU a joué un rôle moteur sur les blocages d’établissements. Dans le secteur pénitentiaire, Emmanuel Chambon, porte-voix de l’UFAP UNSa Justice, a défendu des revendications propres, centrées sur les effectifs et les conditions de travail. Les professions de santé, les transports et l’énergie ont complété le tableau.
Face à elles, l’exécutif a suivi la journée depuis Beauvau. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a mis en avant le nombre d’interpellations et les blessures parmi les forces de l’ordre pour justifier le dispositif de sécurité déployé.
Chiffres de participation : deux comptages, un même constat d’ampleur
Le ministère de l’Intérieur et la CGT ne comptent pas de la même manière, et l’écart habituel se retrouve ici du simple au double. Les deux séries convergent toutefois sur un point : la mobilisation a dépassé le cadre d’une journée purement sectorielle.
| Indicateur | Donnée annoncée le 18 septembre 2025 |
|---|---|
| Manifestants en France, source ministère de l’Intérieur | 506 000 |
| Manifestants en France, source CGT | plus d’un million |
| Cortège parisien | 55 000 personnes |
| Province, comptage syndical | 451 789 personnes |
| Interpellations | 309 |
| Gardes à vue | 134 |
| Policiers et gendarmes blessés | 26 |
| Manifestants à Rennes | 11 500 |
| Pharmaciens mobilisés à Rennes | 570 |
Déroulement des cortèges et incidents signalés en marge des défilés
Les défilés se sont élancés en début d’après-midi, avec des horaires resserrés entre 13h00 et 17h00 dans plusieurs villes, dont Rennes. La déambulation des cortèges s’est déroulée sans incident majeur dans la majorité des préfectures, mais des tensions ont éclaté en marge de certains rassemblements parisiens et régionaux.
Des groupes qualifiés de black bloc sont apparus en tête ou en queue de cortège, provoquant des dégradations de mobilier urbain et des échanges tendus avec les forces de l’ordre. Au total, 309 personnes ont été interpellées et 134 placées en garde à vue selon le bilan du ministère de l’Intérieur, tandis que 26 policiers et gendarmes étaient blessés.
Les blocages ont également marqué la journée. Vingt-trois lycées ont été totalement bloqués et cinquante-deux ont connu des blocages filtrants, dispositif devant lequel les élèves restaient libres de passer ou non. Dans plusieurs villes, des voies routières et des accès de gare ont été fermés temporairement, dont la gare SNCF de Rennes, avant d’être levés en fin de journée.
Éducation, fonction publique, énergie : les secteurs les plus touchés le 18 septembre
La grève a été particulièrement visible dans l’éducation. Près d’un enseignant sur six a suivi le mouvement au niveau national, et le SNES-FSU a compté 45 % de grévistes parmi les personnels des collèges et des lycées.
Dans la fonction publique d’État, la participation a été plus mesurée, autour de 12 % des agents. Elle a surtout concerné les services où les revendications salariales se doublent de tensions sur les effectifs.
Le secteur de l’énergie a apporté une contribution symbolique forte : environ 4 000 mégawatts de production EDF ont été affectés par les arrêts de travail et les réductions de charge décidées sur plusieurs sites. Un chiffre qui n’a pas provoqué de coupure, mais qui a rappelé le poids de la CGT Énergie dans le rapport de force.
Les transports ont connu des perturbations disparates, avec des trains supprimés et des fréquences réduites sur plusieurs axes. Ce sont souvent les usagers quotidiens qui ont absorbé la gêne la plus concrète.
Perturbations pratiques : ce que les habitants ont dû anticiper
Pour les familles, la journée s’est d’abord traduite par des questions très concrètes : mon enfant a-t-il cours, mon train circule-t-il, la mairie est-elle ouverte ? Les blocages filtrants ont laissé la décision aux élèves et à leurs parents, tandis que les réseaux de transport annonçaient des plans de circulation adaptés dès la veille au soir.
La carte des manifestations publiée par la FSU a servi de point de repère pour localiser les cortèges, tandis que les préfectures diffusaient des points de situation heure par heure, notamment sur les routes coupées et les accès fermés.
Dans une commune comme Cuers, les effets d’une journée de ce type se lisent surtout dans les déplacements et les services du quotidien : circulation modifiée vers les axes structurants du Var, fréquences réduites sur certains trains régionaux, permanences administratives allégées. Pour éviter les mauvaises surprises, le réflexe reste de consulter les comptes officiels de la préfecture et de son transporteur la veille, puis de prévoir une marge supplémentaire sur les trajets.
Réactions officielles et suites attendues après le 18 septembre 2025
Le gouvernement a maintenu le cap de son projet budgétaire tout en laissant entendre que certaines mesures restaient discutables. Les syndicats, de leur côté, ont jugé la journée réussie et appelé à poursuivre la mobilisation si les arbitrages étaient confirmés.
Plusieurs suites sont possibles. Une nouvelle journée nationale de grève pourrait être annoncée dans les semaines suivantes, avec un élargissement à de nouveaux secteurs. Les négociations sur les pensions et les dépenses de santé devraient rester le point de friction principal, car elles touchent directement le quotidien des ménages et l’équilibre de la protection sociale.
L’épisode laisse aussi une trace politique. Sur les réseaux sociaux, la séquence a montré que les appels à la mobilisation circulent désormais très vite, y compris en dehors des canaux syndicaux traditionnels.
Questions pratiques autour de la manifestation du 18 septembre 2025
Combien de personnes ont participé à la manifestation du 18 septembre 2025 ?
Les autorités ont comptabilisé 506 000 manifestants en France, dont 55 000 à Paris. La CGT revendique de son côté plus d’un million de participants, avec 451 789 personnes recensées en province. La réalité se situe probablement entre ces deux mesures, l’écart étant habituel sur ce type de journée.
Quels syndicats ont lancé la journée nationale du 18 septembre 2025 ?
L’appel a été porté par huit organisations : CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CFTC et CGC. Le SNES-FSU a relayé le mouvement dans les collèges et les lycées, et l’UFAP UNSa Justice dans le secteur pénitentiaire.
Quelles mesures étaient contestées lors de cette mobilisation ?
Les revendications portaient sur la désindexation des pensions, les franchises médicales, la suppression de jours fériés, le gel des salaires et les coupes dans les budgets publics. Les syndicats y ajoutent la défense des services publics et la justice fiscale.
Les transports ont-ils été perturbés le 18 septembre 2025 ?
Oui, sans paralysie générale. Des trains ont été supprimés, des fréquences réduites et certaines gares ou accès routiers fermés temporairement, comme la gare SNCF de Rennes. Les usagers ont dû s’adapter au cas par cas.
Où trouver la carte des manifestations du 18 septembre 2025 ?
La FSU a mis en ligne une carte recensant les rassemblements ville par ville, et les préfectures ont publié des points de situation détaillés. Ces documents restent consultables dans les archives des sites concernés pour retrouver les lieux et les horaires annoncés.
